mercredi 7 octobre 2009

Hallucombatante

Et voilà, notre petite vie prend ses marques, les habitudes pointent déjà le bout de leurs nez. Je préfère le canapé bleu que l'autre, je préfère cette fenêtre à celle-ci, et je ne dors que de ce côté. On adore notre appartement, et mon homme a fait une super déco, investissant tout son temps libre pour que notre petit nid soit parfait. Il nous manque toujours un lit, et nous n'avons pas une seule table, mais les cartons sont derrière nous, nous avons désormais le temps de choisir avec précision, et de faire les critiques immobiliers. Le seul soucis de l'appart, le switch douche/bain grippé est changé ce soir, j'attends en ce moment notre propriétaire qui s'est engagé à nous changer cela immédiatement. Il est super cet homme là.

Si l'appart est génial, et que je suis sur un petit nuage quand j'y suis, le second changement majeur de ma vie est moins rose. J'ai signé mon contrat lundi, et j'ai immédiatement commencé à travailler pendant deux heures, écoutant les autres filles, et tentant d'appréhender les produits que je vais présenter. Essentiellement la gamme Dupuis autour de Cédric, Kid Paddle, et les Elfées. C'est des jolies produits, j'aime les présenter.
Mardi, on m'a propulsé directement, et sans formation sur le travail, me demandant d'établir un quota, et de faire tant de vente par heure, sans rien m'expliquer de plus.
Si le dialogue était présent, ce ne serait pas réellement un soucis, j'aurais appris sur le tas. Hélas, une fois de plus, quand on est minoritaire, on subit la discrimination. Sur une plateforme de près de 150 filles, nous ne sommes que deux occidentales.
Et c'est un mur. Un mur culturel, les filles autour de moi ne m'adressent pas la parole. Je n'ai pas le droit au bonjour élémentaire. On m'a fait comprendre que manger au réfectoire n'était pas pour moi, j'ai du finir par aller manger ma tartine aux toilettes. Et une barrière de langue. Elles ne parlent qu'entre elles, se connaissant depuis un bail, et refusant d'intégrer la nouvelle. Et que faire face à une dizaine de filles, méprisante et hautaine, qui ne parlent qu'entre elles une langue que je ne connais pas ? Lorsque je leur adresse la parole, elles ne tournent même pas la tête.

L'autre fille du même type que moi est complètement effacée, ne parlant à personne. Elle fait ses ventes, les écrits aux tableaux, baisse la tête quand on l'engueule injustement.
Et j'ai du mal à baisser la tête quand on me hurle dessus sans justification. Ma responsable est une peste,  le genre de personne qui sourit devant et s'étale sur les défauts derrière. Elle me hurle deux fois par heure dessus, me reprochant des "défauts de langage" allant jusqu'à dire que je ne sais pas parler français. Et quand elle me montre, elle dit exactement la même chose que moi. J'ai décidé de pas me battre, je la laisse dire et je fais semblant d'avoir entendu le messie. Elle m'a aussi reproché d'être trop gentille avec les clients, et pas assez "autoritaire". J'ai failli m'étouffer.

Des vrais commères à dire du mal des absentes, et lui faire un accueil chaleureux quand l'absente arrive. Je ne supporte pas de travailler avec des femmes, depuis toujours. Mais là, franchement, c'est à se demander comment la société tient le choc.
Face à un tel mur, je me suis renfermée aussi, je ne parle à personne, je n'écoute plus les critiques, et je tente de faire au mieux. J'ai fait des meilleurs scores qu'hier, mais j'ai encore du boulot pour remplir les quotas.
J'étais tellement stressée hier soir en revenant que j'ai fait passé une nuit d'enfer à mon amoureux, allant jusqu'à cauchemarder à cause de ce taff. Je suis partie ce matin, avec l'idée en tête de demander à arrêter immédiatement. Mais on me l'a refusé cette après-midi. Alors je prend mon mal en patience, et je tente de profiter un max des avantages que m'offre le fait d'avoir un salaire. Certes avec un taf hyper pourri, mais de quoi payer les factures à la fin du mois.

Bref, je vais arrêter de râler. Merci pour vos petits mots et commentaires de semaines en semaines, ça me touche et me fait plaisir de continuer à avoir des liens avec vous, parce que la distance, le fait de ne plus jouer ensemble, etc, je craignais qu'on se perde de vue.

Je vous embrasse !

3 commentaires:

Linz a dit…

Wow... Ambiance. Pour les taf avec trop de nanas dans un bureau, tu preches une convaincue, mes 2 collègues préférés sont des mecs, je peux pas copiner avec des nanas qui passent autant de temps a dire du mal des autres, me demande toujours ce qu'elles disent de moi dans mon dos... Courage, on va finir par créer le club des tafs pourris avec Evi !

Ny² a dit…

Houlà c'est pas cool tout ça :(
Je t'envoie plein de bisous remplis de courage pour affronter ces harpies ! ;)
/kiss

Evi Lana a dit…

J'écoute Avril Lavigne "I can do better" et tout de suite ça va mieux.
Bon, j'espère pour toi que tu vas pouvoir trouver rapidement un truc mieux...
Courage! *tend des crayons affutés*